Génèse du projet

Tout débuta par ce courrier en Janvier 2000 :

 

Je vous écris pour vous faire part d'un projet (à court, moyen et long terme) concernant notre région et particulièrement la Forêt des Landes de Gascogne.

Depuis 1997, je ramasse des pignons de pins parasols sur l'esplanade Mériadeck, à Bordeaux, pour les faire germer et pousser dans des pots. A ce jour, je possède une vingtaine de pins parasols de 3 ans, 120 de 2 ans et 1000 de 1 an qui ont pu s'epanouir sur les toits de Bordeaux en regardant Ia Garonne...

 

Plantation de pins parasols sur les toits de BordeauxL'idée était, à l'origine, de tracer une ligne de pins parasols dans Ia Forêt des Landes pour que, dans cinquante ans et plus, les enfants d'aujourd'hui et de demain puissent, devenus adultes, s'y promener en suivant cette immense ligne végétale emergeant de la forêt de pins maritimes.

En effet, ces 1200 pins parasols, plantés tous les 20 mètres, représentent une ligne de 20 kilomètres. L'idée a fait son chemin : mon ambition est maintenant d'en posséder 10 000 l'an prochain pour avoir, non pas une ligne de 200 kilomètres, mais plutôt une allée de pins parasols de 100 kilomètres (soit 2 lignes parallèles de 100 kilomètres). Si l'on répète l'opération sur 2 ans, on obtient une allée de 300 kilomètres environ traversant ainsi, de part en part, notre forêt !

Cette percée végètate inscrite dans le mouvement artistique appelle Land-Art, pourrait ainsi devenir un superbe signal dans la Forêt des Landes, nettement vue d'avion. Elle renforcerait de la sorte, sans la dénaturer. l'image de celle-ci qui est une forêt civilisée (plantée par l'homme), en lui donnant un aspect paysager.

Quel impact médiatique (télévision, radios, journaux, inevitable livre des records...), culturel, touristique, pour l'Aquitaine !
Si je pensais, au départ, agir avec un groupe d'amis, je me sens aujourd'hui passe quelque peu dépassé par l'ampleur de la réalisation du projet. En effet, il faut traverser 3 départements (Gironde, Landes, Pyrénées atlantiques) et. si l'idéal est de partir du sud de Bordeaux, son tracé rnérite réflexion et concertation... L Allée traversera des forêts privées, domaniales, d'Etat... ce qui nécessitera des démarches multiples pour obtenir des autorisations. Tout cela ne pourra se faire qu'avec le concours des instances communales, départementales, régionales...

D'un point de vue botanique, un jeune pin, dès sa mise en terre, doit être protégé des dents de lapins, chevreuils et autres prédateurs par un filet plastique. Ensuite, dans son "adolescence", il doit également être accompagné d'un tuteur et un peu plus tard, être mis entre 4 piquets lui assurant un beau maintien vertical pour sa maturite et sa vieillesse. Toujours dans ces jeunes années, des branches doivent être coupées pour permettre à ces arbres de bénéficier d'une belle croissance... Ce travail dépasse largement mes possibilités et celles de mon cercle d'amis.


II parait donc judicieux d'y associer les enfants des écoles de toutes les communes, traversées ou non par l'Allée.

 

Ceci donne également un élan supplémentaire : quel fantastique exercice pédagogique pour des enfants que d'aller ramasser des pignons dans la nature, de les faire germer, de les voir croître sur 2 ou 3 ans et pour finir, de les mettre en terre afin de réaliser une Allée de 300 kilomètres ! Par la suite, eux-mêmes ou ceux des classes suivantes devront s'assurer du suivi et de la bonne croissance de ces pins.

Ainsi, plusieurs générations pourront s'enorgueillir, se rejouir d'avoir contribué a planter et façonner cette Allée. Et si, pout réaliser ces 300 kilomètres, la collaboration humaine, intercommunale, interdépartementale, ainsi que le concours des villes (dont la participation est nécessaire) et des campagnes sont évidents, le symbole que representera la transmission de l'Allée aux générations suivantes qui reviendront l'admirer, me semble très fort.


Cette AIlée véhiculera ainsi I'image percutante d'une chaine de solidarité évidente.

 

Si le coût du projet est nul au depart (ramassage des pignons, de la terre, plantation dans des pots) , it faut cependant y ajouter le filet plastique (pour le pin planté en pleine terre) et ensuite des piquets pour l'étayage. Ces dernières opérations ne nécessitent pas néanmoins de sommes phénoménales par rapport à l'ampleur du projet. De plus, dans les 20 premières années, ces pins parasols peuvent pousser en sous-bois (même si leur croissance en est un peu ralentie). Ceci évitera d'engager des frais et des travaux considérables si l'on doit arracher les pins maritimes existants sur le tracé de l'Allée.

De même, pour faciliter l'adhésion et la réussite de cette entreprise rien ne doit être obligatoire : la où des propriétaires ne souhaiteront pas l'Allée, ii faudra laisser son interruption , sans insister, en esperant que l'idée faisant son chemin, ils finiront par avoir envie de partager cette aventure, en laissant le passage dans leur parcelle.

Bien sùr, d'autres problèmes techniques, administratifs, humains..., auxquels je n'ai pas songé pourraient aussi se présenter. C'est pour recevoir votre opinion et vos objections sur ce projet que je vous en fais parvenir la première ébauche.

Cette ambitieuse entreprise, pourtant réalisable, peut se révéler três forte tant par son impact sur les Aquitains que par son image sur l'exterieur.

Plantation de pins parasols sur les toits de BordeauxMon projet ébauché, puis façonné pendant 3 ans, s'averait désormais susceptible d'être soumis à votre attention à l'automne 1999. Mais l'annonce de Ia création de la "Méridienne verte" selon l'architecte Chemetov m'a révélé un projet qui a arrêté mon élan : la peur du plagiat, la crainte du déjà vu, m'avait fait un temps quasiment renoncé...

Malgré tout, riche de 1200 pins parasols sur les toits d'un immeuble au coeur du Vieux Bordeaux, il me semble juste et raisonnable de faire valoir sa singularité : le projet Chemetov trace une ligne, le projet aquitain dessine une allée (idée plus conviviale) ; utilise plusieurs espèces d'arbres, j'en propose une seule il les fait seulement planter, je les fais germer et planter (la participation est encore plus forte) ; son idée ignore notre région en traversant la France (et même plus !) de Dunkerque a Barcelone, la notre concerne et valorise uniquement l'Aquitaine....

Aujourd'hui, après cette tempête qui a ravagé notre forêt, on parle avec raison de replanter. Et, ce cataclysme redonne de la force à cette idée d'Allée. En effet, elle est fédératrice, pédagogique, car elle contribue a redonner cohésion et espoir à tous les habitants de notre région en faisant participer les enfants des villes et des campagnes à Ia revalorisation de notre patrimoine naturel, paysager donc culturel.

La tempête a détruit une grande partie de Ia forêt, l'urgence est de sortir les bois puis de les stocker.
Après cette catastrophe sans précédent, les forestiers et tous les amoureux de la nature ont un véritable travail de deuil a faire tant le traumatisme a été fort. Pour les aider a le surmonter, la meilleure solution est bien sûr de reboiser. II convient donc de prendre en compte les nouveaux paramètres scientifiques.

En effet, en bordant cette allée de pins, de feuillus (chênes, chataigniers...), on protègera la forêt des maladies, insectes, incendies et autres risques (appauvrissement des sols, de la faune et de la flore) inhérents aux forêts constituées d'une seule espèce d'arbres. Ces feuillus, suivant les saisons, offriront des contrastes de couleurs superbes avec les pins à épines persistantes. Et comme le rappelait Philippe Richard, Conservateur du jardin botanique de Bordeaux, dans un article du journal Sud-Ouest du 9 janvier 2000 en concluant en ces termes : "il faut imaginer l'espace de la forét comme un bocage où les pins tiendraient Ia place de la vache et seraient entourés par des arbres protecteurs...".

Cette catastrophe naturelle peut donner l'opportunité de rendre notre forêt plus belle, plus précieuse mais aussi plus sûre et résistante grâce à ces "pare feux" biologiques.

Elle peut aussi créer un impact psychologique favorable. Il faudrait augmenter le nombre d'Allées pour que le projet s'amplifie afin d'aboutir à un immense quadrillage (à la dimension de la plus grande forêt d'Europe occidentale) tapissant ainsi la forêt. Celle-ci deviendrait alors une véritable marqueterie forestière, créée de la main de l'homme et à partir de là, c'est toute notre forêt qui devient une oeuvre d'art.

Ainsi, les enfants des villes et des villages devenus pépiniéristes, et plus tard sylviculteurs et forestiers, se responsabiliseront vis a vis de ce patrimoine commun qu'est notre Forêt des Landes.

La forêt de pins maritimes dolt toujours être travaillée de facon intensive mais par delà son rôle économique rien n'v empèche d'y introduire d'autres critères : de diversité biologique, touristiques, culturels, artistiques... du rêve. Sa fonction éconornique ne dolt pas être mise en contradiction avec les autres critères car il peut y avoir complémentarité.

Voilà comment à partir d'une ligne de pins parasols, on passe à une AIlée puis plusieurs Allées, pour aboutir à un dessin complexe pour lequel plusieurs possibilités se presentent : dans un premier cas. - celui privilégiant la volonté esthétique - cette somme d'Allées constiturait un dessin géometrique (schémas I et 2), symbolique (schémas 3 et 4) ou abstrait (schemas 5, 6 et 7). Pourquoi ne pas lancer un concours permettant une véritable création artistique ? Dans un second cas, - plus prosaïque - elle épousera les voies déjà tracées par l'homme (chemins de Saint Jacques de Compostelle, pistes cyclables, sentiers de grandes randonnées).

Ce projet peut servir a lancer une réflexion et une action collectives pour une initiative pédagogique, fédératrice, écologique, esthétique, culturelle patrimoniale. La tempête ne peut que motiver la réalisation de cette entreprise en aidant à la réparation du traumatisme qu'elle a engendré.

 


Yves Simone.
président de l'association

 

 

Liste des destinataires

 

  • Association SEVE.
  • M Hugues AYTHASSORHO. Directeur de l'Office National des Forêts de Gironde.
  • M Jean-Pierre BERIAC. Archives départementales de la Gironde.
  • M Michel BERTHOD. Directeur Régional des Affaires Culturelles.
  • M.Jean-Marc BOINE. Président de la commission culture au Conseil Général des Landes.
  • M Guy BRINGUIER. Directeur Régional de l'Agriculture et de la Forêt.
  • Mme BRUNET. Adjoint au Maire de Bordeaux.
  • M Robert CABE. Président du Conseil Général des Landes.
  • M Jean-Marc CAILLEAU. Directeur de l'école d'architecture et du paysage de Bordeaux.
  • M Jean-Michel CARMUS. Directeur de Ia station forestière de l'INRA de Pierroton.
  • Mme CASTANET. Adjoint au Maire de Bordeaux chargée des espaces verts.
  • M CHARBONNEAU. IUT Hygiène et sécurite.
  • M Pierre CHASSIN. Président régional de l'INRA.
  • M Pascal CHENESSEAU. Directeur du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.
  • M COURAJOUD. Paysagiste. Lauréat du concours des quai de Bordeaux.
  • Mme Claudia COURTOIS. Correspondante du journal « Le monde ». Objectifs Aquitaine.
  • M Francis CUILLIER. CUB. Directeur de A' Urba.
  • M Jean-Marie DARMIAN. Maire de Crean.
  • M Gilles DE CHASSY. Président du syndicat des sylviculteurs du sud-ouest.
  • M Dominique DE LAAGE. Sud-ouest.
  • M Alain DE SWARTE. Directeur de "Combat nature".
  • M Francois DELUGA. Députe de Gironde. Président du Parc Naturel Régional des Landes.
  • M Michel DUCHENE. Conseiller Général de Gironde. Adjoint au Maire de Bordeaux.
  • M Pierre DUCOUT. Député de Gironde. Conseiller Général de Gradignan. Maire de Cestas.
  • M Jacques DUHARD. Directeur du CAUE des Landes.
  • Mme Martine FAURE. Vice-Presidente du Conseil Général de Gironde chargée de la culture.
  • M Jean FAVENEC. Chargé de mission à la direction de l'ONF.
  • M Paul GRIMBERG. Président de la commission environnement au Conseil Général des Landes.
  • M J. HAZERA. Sylviculteur girondin (Hostens).
  • M Alain JUPPE. Maire de Bordeaux. Président de Ia C.U.B.
  • M Bruno LAFON. Président régional des DFCI.
  • M Michel LARRAT. Vice-President du Conseil Régional chargé de la forêt.
  • M Philippe MADRELLE. Président du Conseil Général de Gironde.
  • M Claude MAEYENS. Inspecteur d'académie de la Gironde.
  • M Jean-Louis MARTRES. Président du SIBA et de l'USSE. Maison de la forêt.
  • M MAYER. Caisse des dépots. Directeur de la Société forestière.
  • M Jean-Marc MONTEIL. Recteur de l'académie de Bordeaux.
  • M Christian PENODEAU. Secrétaire Général de la maison de la forêt.
  • M Guy PERRIERE. Directeur du CAUE de Gironde.
  • M Georges PEYRONNE. Prefet de la région Aquitaine et du département de Gironde.
  • M Michel PIERRE. Mairie de Bordeaux, directeur des affaires culturelles.
  • M Michel PRIOLLAUD. Maire de Listrac-Médoc.
  • M Alain RENARD. Vice-Président du Conseil Général de Gironde chargé de l'aménagement rural.
  • M Michel RENON. Directeur Régional de l'Environnement.
  • M René RICARRERE. Vice-Président. du Conseil Regional chargé de la culture.
  • M Philippe RICHARD. Conservateur du jardin botanique de Bordeaux.
  • M Xavier ROSAN et l'équipe du Festin.
  • M Alain ROUSSET. Président du Conseil Régional.
  • M Henri SABOUROT. Maire de Carcans.
  • SALON DE L'ENVIRONNEMENT. Mrs De Giacinto, Le Collen, Miroir, Panonacle et Puech.
  • M Jacques SARGOS. Auteur de « Histoire de la forêt landaise, du désert à l'àge d'or ».
  • M Gilles SAVARY. Député européen.
  • M Denis TEISSEIRE. Conseiller municipal.
  • M Didier TERS. Sud-Ouest.
  • M TOMASINI. Président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
  • M Pierre VERDET.
  • M le Directeur du centre régional de la propriété forestière.
  • M le President du syndicat mixte du Médoc.
  • M le Commandant de la région militaire.