La Grande Allée

"L'utopie peut parfois faire bon ménage avec l'environnement, souvent moqués les utopistes lancent des idées qui finissent par porter des fruits ; et expriment sous des formes parfois excessives, un certain idéal caractéristique de la mentalité d'une époque... "
Robert COUSTET, Professeur émérite de la Faculté d'Histoire dé l'Art de Bordeaux III

Carte des Landes de GascogneEffectivement, dans toute sa naïveté, ce projet d'(es) Allées) de pins parasols , bordée(s) de feuillus, traversant la Forêt des Landes est finalement un compromis (une préfiguration ?) entre la "forêt industrielle" exploitable économiquement pour le bois et la "forêt sanctuaire" qui a aussi un rôle économique dévolue aux promenades (le long des sentiers de St Jacques de Compostelle ou des canaux reliant les étangs de la côte dépourvus d'arbres, de pistes cyclables), ....Bien des scientifiques préconisent un rééquilibrage à la monoculture intensive du pin maritime ; de nombreux articles confirment cette tendance (c£ Sud Ouest, Le Monde, Libération, ... et même une campagne de presse du Figaro du 21 mars 2000 propose de reboiser la France.

Concernant notre projet sur la Forêt des Landes, des personnalités, des associations ont pris la peine de nous répondre (qu'elles en soient ici remerciées) et beaucoup ont réagi de manière très positive, voire enthousiaste ! Les dieux du vent, dans leur cruauté, avaient relancé le projet...

Une fois les cicatrices effacées ( ramassage des chablis, abattage des chandelles) et les peines surmontées, cette catastrophe peut faire de notre Forêt des Landes, grâce à l'Allée et surtout en combinant les Allées, quelque chose d'unique au monde : une marqueterie forestière dédiée aux pins.

L'idée est d'utiliser le pin parasol , arbre considéré comme plus "noble" que le pin maritime, et pourquoi pas d'autres espèces de pins (Laricio,. d'Alep...) , peut donner un impact, renforcer l'image de notre forêt : celle d'une forêt de pins.

Ce projet pourrait offrir l'opportunité de concilier deux points de vue qui s'opposent stérilement aujourd'hui : celui des sylviculteurs, pour qui le pin est et doit rester le symbole de la forêt rentable et celui des scientifiques, des écologistes, pour qui l'(es) Allées) de feuillus bordant l'(es) Allée(s) de pins "préservent" des feux, des insectes et "renforcent" la faune, la flore, bref, la diversité biologique.

Une première estimation réalisée avec un paysagiste Thierry MOYA (Médaille d'Argent aux Floralies Internationales de Bordeaux 1992) montre que pour une Allée longue de 200 km (20.000 pins parasols et autant de feuillus), soit 1600 hectares à sa pleine maturité entre 50 et 100 ans (étant entendu qu'au départ elle coexiste avec les plantations de pins maritimes), celle ci représente 0,2 % de la superficie de la Forêt des Landes si l'on considère que celle -ci s'étend sur 800.000 hectares...

Notre forêt a connu de graves dommages. Cette Grande Allée est un moyen simple, globalement peu coûteux, écologique, patrimonial, culturel ...de lui donner pour les décennies à venir une notoriété sans égale. Cette Grande Allée lui servira de fer de lance !

Ce projet d'Allée(s), nous le lançons aujourd'hui, pour qu'il "panse" les plaies de la tempête et mobilise, motive, responsabilise les habitants de notre région. L'opération de plantations de(s) Allées) peut se mener sur 3 ans si cette mobilisation collective réussit et si nous obtenons une coordination administrative, territoriale, communale... Demain, les générations qui l'entretiendront et surtout qui en profteront nous en serons reconnaissantes!... Prendre 15 jours de sa vie ou moins ou plus pour marcher sous une (des) Allée(s) de pins parasols de 200 km de long. .. quel suvenir impérissable, quel exemple du travail humain et collectif pour magnifier la Forêt des Landes !

Un grand projet est né pour l`Aquitaine. Quand on pense à notre région, on pense au vin, mais peu de gens savent, y compris les Aquitains, que la forêt des Landes génère le même chiffre d'affaires que la vigne. Ce projet peut donc contribuer à remédier à ce déficit d'image.

 

Vive la Forêt des Landes de Gascogne !