Matériel défaillant

Posté le 16 novembre 2011

« Ah, bien, bravo François ! Félicitations ! Deux manches de houe cassés en moins d’une heure, tu établis un record.» Le Président s’éloigne en maugréant et pestant contre la maladresse de ses dévoués collaborateurs. Nous sommes nombreux aujourd’hui et, de fait, nous risquons d’être limités par le manque d’outils. François, plein de dynamisme et de bonne volonté est un peu décontenancé par les évènements mais se console dix minutes plus tard quand Yves revient, penaud : « Mince, moi aussi j’ai cassé un manche ! » .

Cette série m’amène à quelques réflexions sur notre matériel de plantation. Au cours des années les outils ont changé. Le postulat de départ étant que nous n’avons recours à aucun engin à moteur. Notre démarche se voulant sinon écologique du moins respectueuse de l’environnement, nous avons proscris toute aide polluante hormis les voitures qui nous transportent remplies autant que faire se peut.
Dans les débuts, le Président, qui est aussi délégué aux achats, s’est entiché d’un instrument inquiétant, un manche prolongé d’une lame épaisse, le bédouche. Il permet de couper branches et jeunes troncs et devait faire merveille lors des jacqueries médiévales. Nous n’avons eu à déplorer aucun accident mais je ne suis pas mécontent qu’il soit mis au rancart voire qu’il ait été dérobé.
Afin d’enfoncer les tuteurs des filets anti-chevreuil nous avions des masses. Il fallait un planteur pour la manier et un autre pour tenir le tuteur droit. Cet autre devait faire confiance au premier car en cas de défaillance sa main était mise à mal. En fin de journée, avec la fatigue, cela s’est vu. Il vaut mieux porter des gants épais.
D’aucuns, sans expérience, sont venus avec de petits plantoirs, des sécateurs, des pelles, des haches. Tout cela ne sert pas à grand-chose devant l’outil-roi, sans quoi nous ne ferions rien, sa majesté la Houe. Le fer de la houe est plat et recourbé comme celui d’une pioche en plus grand. C’est un engin très efficace pour creuser, déterrer les mottes, faucher la molinie, couper les arbres gêneurs jusqu’à 6-7 cm de diamètre et enfoncer les tuteurs. Il importe que ce fer soit bien affûté et, par chance, l’un de nos plus fidèles planteurs est très bien équipé pour cela.
Il est heureux que notre outillage se simplifie car, à côté, les intrants se compliquent. Alors qu’au début on se contentait de quelques déjections de lapin, il nous faut maintenant de l’argile, du terreau, du crottin de cheval. Yves, qui réfléchit beaucoup, modifie sa technique de mois en mois et si vous n’êtes pas venus planter depuis un an vous serez surpris.
Bref, on s’amuse bien.
Dimanche dernier, ne sachant quoi inventer pour nous faire plaisir Yves a invité Agnès et Joe. Par un temps superbe nous avons applaudi un festival de chansons de Georges Brassens avec accompagnement à la contrebasse et au violon. Un moment magique !
Et que dire du passage des oies sauvages à faible altitude, on aurait pu compter les plumes…

 

par Olivier F. Léonard - Novembre 2011

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