Opération tiramisu

Posté le 23 février 2013

Nous l’avons déjà prouvé à maintes reprises ce ne sont pas quelques averses qui sauraient nous décourager et nous étions 6 à nous retrouver place Tourny ce dimanche pourri de la mi-février. Il y avait là, à côté de Katy, Muriel et Jean-Baptiste, planteurs confirmés, un néophyte bavard et korsakovien, sympathique au demeurant. A Carcans nous avons de plus récupéré Loliv, un viticulteur du Haut-Médoc, venu se proposer à la suite de la lecture d’un article sur nos activités. Du moins il me semble.

 

Yves aurait préféré que nous commencions par travailler un moment, histoire de réviser en ¾ d’heure une parcelle d’une centaine de mètres. Il est optimiste de nature. Comme il pleuvait nous avons opté par l’option alternative qui était de déjeuner à l’abri du hangar prêté par le propriétaire des lieux. Ce fut un moment festif, charcuteries savoureuses, vin du cousin, cake au chocolat et aux poires, que du bonheur ! Après le café nous sommes remontés vite fait dans les voitures ; 500 mètres plus loin un arbre couché en travers de la piste nous a contraints à poursuivre à pied. Au reste nous étions arrivés. Deux équipes ont été constituées, l’une menée par moi s’est distinguée par son efficacité, l’autre sous la houlette du Président himself a commencé par s’attarder pour ne pas dire musarder entre billons et sillons. Il faut dire ici qu’au cours de ses insomnies cet homme, Yves pour ne pas le nommer, a mis au point l’ultime perfectionnement de sa technique de plantation. Le perfectionnement qui ne sera pas remis en question avant au moins trois mois. Je m’explique :

 

Le Tiramisu (parfois Yves parle de « mozarella », mais ça le fait moins), une technique en passe d’être brevetée, consiste à creuser un trou d’une cinquantaine de cm, d’en tapisser le fond avec de l’argile. L’argile est censée retenir l’eau en cas de sécheresse. Puis le planteur répand une couche de terreau, puis du crottin d’âne émietté, puis de la terre locale. Après avoir fait une petite pause réparatrice, le planteur dispose le plant prenant soin que la terre qui protège les racines ne se perde pas. Il faut alors tasser le sol afin que des cryptes ne se forment exposant les radicelles à l’air. C’est ensuite le protocole éprouvé du paillage en cercle, de la protection par le filet anti-chevreuil, des branchettes, du paillage périphérique dit du « deuxième cercle » et enfin du dégagement de proximité, pour la lumière. On pourrait ainsi passer une demi-heure sur chaque plant.

 

Je vois un avantage à cette manière de faire exigeante, les propriétaires complaisants se faisant rares, l’Association peut fort bien s’occuper sur les quelques kilomètres déjà plantés. L’entretien, l’arrosage en été, le remplacement des pins décédés, la reprise des travaux précédents, tout cela justifie nos déplacements et les moments conviviaux qui les accompagnent. Nos successeurs verront à compléter les 245 km qui manquent.

Le soir venant, les outils sur l’épaule, nous sommes revenus par la piste, dans la paix des Landes troublée parfois par les appels des grues volant en bandes vers leur havre nocturne.

Et la pluie, direz-vous. Quelle pluie ? Nous n’avons rien remarqué sous nos cirés, les bottes aux pieds. Sauf Katy, naufragée dans un fossé.

 

par Olivier F. Léonard - Février 2013

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