Une rare efficacité

Posté le 08 novembre 2019
Une rare efficacité

« Il faut absolument atteindre le millier de pins parasols avant la fin de l’année, comme cela nous pourrons convoquer un journaliste de Sud-Ouest voire la télévision locale. Cela donnera plus de visibilité à notre action et rassurera les sylviculteurs ou les communes possédant des forêts. »

 

Rappelons que depuis près de 20 ans un homme lutte, pratiquement seul, pour créer une allée de pins parasols, bordée de feuillus, allant selon un axe Nord-Ouest/Sud-Est de Soulac à Dax sous l’égide de l’association « Du pin sur la planche ». Cet homme, nous le désignerons sous les initiales de YS car, d’ordinaire, il préfère rester dans l’ombre. Au fil du temps et des expéditions nous avons planté sur peut-être 9 ou 10 parcelles semant en pointillé de Naujac sur mer à Mios. Actuellement nous sommes sur la commune de Sainte-Hélène où la commune nous laisse oeuvrer sur une belle pièce de 5 ou 6 hectares d’un seul tenant. Les pins maritimes, nos concurrents, ne dépassent pas 7 centimètres de hauteur ce qui laissera de la lumière à nos sujets pendant quelques années. C’est la configuration idéale. Dans une sorte d’hubris YS a persuadé le responsable communal de nous octroyer le périmètre du terrain plus 4 files dans l’axe de l’Allée. Cela représente quelque chose comme 90 pins parasols en puissance. Pendant l’été des excavations ont été préparées (une bonne dizaine de sorties pour amener les piquets, les filets, les feutrines,préparer les emplacements...) et il ne nous reste qu’à disposer les petits arbres. Chargé de former une équipe solide j’ai invité parmi les plus fiables de mes amis et, le jour dit, nous nous rassemblons à pied d’oeuvre. C’est une charmante matinée d’automne comme en réserve notre région, pluvieuse et venteuse mais pas franchement froide. Après un rappel des bonnes pratiques par le chef, quoique nous ayons une certaine expérience de la chose, nous nous répartissons en équipes égales, c’est-à-dire les 4 filles ensemble puis Jean-Paul, Xavier et moi et enfin Jean-Baptiste et YS.

 

Non, il ne pleut pas en permanence, parfois ce n’est qu’une bruine insistante et parfois une averse plus conséquente. L’avantage de cette activité est que cela permet le bavardage et c’est pour cela que les filles préfèrent se rassembler et aussi, il faut le reconnaitre, cela ne prend pas la tête si l’on assure les précautions élémentaires pour ne pas se faire remarquer par le chef. Le chef c’est YS, vous l’avez compris, dont les préoccupations sont fondées sur le travail bien fait. Nous progressons rapidement car il faut se tenir chaud et parce que nous prévoyons de faire le maximum avant le déjeuner qui constitue, au fond, la principale motivation des participants de base. Nous remarquons de ci, de là des bancs de champignons dont certains ressemblent à des girolles ce qui inspire certains d’entre nous et nous profitons d’un trajet de jonction pour en remplir tout un sac en plastique costaud, de ceux que l’on achète en caisse des supermarchés. Cette distraction n’est pas pour rien dans l’excellente humeur qui règne au sein des trois équipes. YS n’est pas le dernier à attirer l’attention sur les cèpes plus ou moins orthodoxes, lactaires plus ou moins délicieux et chanterelles plus ou moins fausses qui se rencontrent sous nos pas.

 

L’activité se poursuit sans défaillance pendant trois heures. Nous avons mis une grosse cinquantaine de pins parasols en terre ainsi que deux cèdres. Il faut laisser un peu de champ aux scolaires qui devraient venir bientôt et nous allons passer au pique-nique d’autant que la pluie a le bon goût de s’effacer. La conscience tranquille nous nous intéressons au foie gras accompagné de Sauternes, au houmous, au tarama, au pâté de campagne, à l’Etorki arrosé de StGeorges St Emilion dans le feu d’une conversation générale et variée. Nous concluons par le gâteau aux fruits, les pommes et le café ou le thé. Nous rassemblons le matos, nous procédons aux photos rituelles avant de nous engouffrer dans les autos et de repartir vers nos chaumières pour nous doucher, nous changer, nous réchauffer.
Je ne sais pas trop si nous avons contribué à sauver la planète ou à accroitre le potentiel touristique de la région, peut-être avons-nous amélioré la biodiversité ? Ce qui est sûr c’est que nous avons passé un bon moment de partage.


Olivier F. Léonard

 

PS Nous avons survécu aux champignons , les cèpes rouges qui deviennent bleus sont excellents amitiés. Jean Baptiste

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